C’est la priorité de notre mandat pour la simple raison

Pas de frayère = pas de poisson

Rien ne vaut la reproduction naturelle avec des truites de souche locale, adaptées à leur environnement, qui sauront mieux se développer, résister aux maladies, aux sécheresses et leurs qualités de reproduction est nettement supérieure. La Cère peut et doit retrouver son éclat d’antan où les truites pullulaient. En 2014, la Fédération de Pêche du Cantal a dressé un triste bilan de la disparition des frayères à truites en aval du barrage de Nèpes: sur 4 km, il ne restait que quelques mètres carrés. En effet depuis 1945, les graviers sont stockés dans le barrage de Saint-Etienne Cantalès. Le transit sédimentaire a été rompu, empêchant le renouvellement des bancs de graviers nécessaires à la reproduction des salmonidés. Fort de ce constat et en accord avec l’AAPPMA de Laroquebrou, un projet a été monté pour restaurer 600 m² de zones favorables à la reproduction des truites, sur des zones historiquement utilisées au niveau du moulin. Ce sera fait en Septembre 2015 avec des résultats stupéfiants: en Décembre des centaines de truites frayent pendant des semaines.

Suite à ce succès indéniable, la nouvelle équipe a voulu poursuivre dans cette voie. Concentrer la reproduction de tous ces individus sur une seule zone représente un risque de "surcreusement" des mêmes zones par plusieurs couples ce qui peut entraîner une perte du nombre d'oeufs et donc moins d’alevins naissant au printemps. Il fallait donc créer de nouvelles zones.

Les membres du Conseil d’Administration, grâce aux conseils des anciens et aux techniciens de la fédération, ont identifiés 5 zones favorables  facile à réaliser: 2 au camping et 3 sous le bourg représentant 750 m2. Dans un souci de faire le maximum en rapport avec nos moyens financiers, nous avons décidé de faire nous-même ces travaux. Le chantier s’est étalé cet automne sur environ trois semaines hors préparation des accès réalisés auparavant aussi par les bénévoles. Le résultat obtenu dépasse toutes nos espérances car toutes les frayères ont été envahies par les truites même là où il n’y avait jamais eu de frai comme le bief et celle de la locomotive. Cette année, nous allons optimiser nos frayères en rajoutant quelques petits rochers car nous avons remarqué que certaines zones n’ont pas été exploitées car trop calmes, pas d’accélération du courant ! Dès que nos finances le permettront, nous continuerons et nos anciens ont déjà identifié trois secteurs prometteurs.

L’opération consiste à verser dans la rivière des graviers de taille relativement petite sur minimum 20cm d’épaisseur.

Afin que ce gravier résiste aux crues, nous avons choisi de mélanger 60% de 8/20 roulé avec 40% de 20/40 roulé.

Sur ces zones, il est souhaitable de :

  • poser des petits rochers pour faire des accélérations de courant
  • mettre des protections contre les hérons et les cormorans

Il faudra dans les années futures recharger ces frayères car il y aura de toute façon de "l’érosion" et c’est normal !

Pour ce qui est du budget il faut compter au minimum :

  • Si carrière pas trop loin et que les bénévoles font le travail: 700€ pour 100 m2
  • Si par entreprise: au moins le double
  • Si en plus il faut des rochers pour tenir le gravier: pas loin du triple !

L’AAPPMA paie environ 20% du montant total soit pour notre projet 2016 : 1200€ sur 5800€

La restauration des frayères est le meilleur investissement que nous puissions faire !

Compte tenu que les alevins n’émergeront pas avant début mai, nous demandons aux pêcheurs de ne pas marcher sur les frayères.